Fabrication du CBD : de la plante à l'extrait

Entre la plante de chanvre au champ et l'extrait fini, il y a une suite d'étapes techniques. Chacune modifie la composition, la pureté et le goût du produit obtenu.

Révisé par Bernard Vos le

Dernière mise à jour le

L'essentiel

  • La fabrication du CBD suit toujours le même enchaînement : culture, extraction, décarboxylation, purification, formulation, analyse.
  • L'extraction sépare les cannabinoïdes de la matière végétale ; le CO2 supercritique est le procédé le plus répandu.
  • La décarboxylation convertit le CBDA de la plante en cannabidiol par chauffage contrôlé.
  • Deux produits affichant le même pourcentage peuvent sortir de procédés très différents.

Pour le cadre général, voir la page CBD.

Ce que recouvre le mot « fabrication »

La fabrication désigne l'ensemble des opérations qui transforment du chanvre récolté en extrait utilisable dans un produit fini. Le mot production, lui, renvoie plutôt au travail agricole en amont.

Six étapes reviennent chez la plupart des fabricants européens : la culture, l'extraction, la décarboxylation, la purification du spectre, la formulation et le contrôle en laboratoire. Aucune n'est décorative. Retirez la décarboxylation, et le flacon contient du CBDA plutôt que du cannabidiol.

Étape 1 : la culture et la récolte

Tout commence par une variété de chanvre inscrite au catalogue européen des espèces cultivées. Ces variétés sont sélectionnées pour leur faible teneur en delta-9-THC.

Le chanvre absorbe par ses racines une partie de ce que contient le sol, métaux lourds compris. Le choix de la parcelle pèse donc autant que celui de la semence. Après la récolte, la matière est séchée puis broyée, ce qui augmente la surface de contact avec le solvant employé ensuite.

Étape 2 : l'extraction

L'extraction sépare les cannabinoïdes et les terpènes du reste de la matière végétale, à l'aide d'un solvant. Trois familles de procédés existent.

  • CO2 supercritique : le dioxyde de carbone sous pression sert de solvant, puis s'évapore entièrement. Aucun résidu ne subsiste dans l'extrait (Source : Vandeplas et al., 2020).
  • Éthanol : moins coûteux, efficace, mais il entraîne aussi la chlorophylle. Une étape de nettoyage supplémentaire devient nécessaire.
  • Huiles végétales : la matière est chauffée dans une huile porteuse. Le procédé est simple, le rendement faible et la concentration peu régulière.

Le procédé retenu se lit sur le rapport de laboratoire, à la ligne des solvants résiduels. Le détail figure sur la page extraction au CO2.

Étape 3 : la décarboxylation

Dans la plante vivante, le cannabidiol est presque entièrement présent sous forme acide, le CBDA. Un chauffage contrôlé détache un groupe carboxyle sous forme de CO2 et laisse du CBD.

La réaction démarre au-dessus de 100 °C et s'effectue le plus souvent entre 110 et 130 °C (Source : Wang et al., 2016). Trop peu de chaleur, la conversion reste partielle. Trop de chaleur, une partie des cannabinoïdes se dégrade. La page décarboxylation reprend la réaction en détail.

Étape 4 : la purification et le choix du spectre

Après extraction et conversion, le fabricant décide de ce qu'il garde dans l'extrait. Ce choix donne les trois spectres du marché.

Un extrait laissé tel quel donne un produit à spectre complet. Un retrait ciblé du THC donne un large spectre. Une purification poussée jusqu'au cannabidiol seul donne un isolat, sous forme de poudre. La page spectre du CBD compare les trois.

Étape 5 : la formulation

Un extrait pur est une pâte épaisse, impossible à doser à la goutte. Il est donc dilué dans une huile porteuse, ou incorporé dans une base cosmétique.

Le pourcentage affiché sur un flacon décrit ce rapport de dilution, pas la qualité de l'extrait. Le goût, la couleur et la texture du produit fini viennent en grande partie de cette étape.

Étape 6 : le contrôle en laboratoire

Un lot fabriqué correctement se termine par une analyse indépendante, lot par lot. Le rapport mesure le CBD, les autres cannabinoïdes, le THC, les pesticides, les métaux lourds et les solvants résiduels.

En France, la teneur en delta-9-THC de l'extrait et du produit fini reste sous 0,3 %, en application de l'arrêté du 30 décembre 2021. La page taux de THC précise ce cadre. Pour lire un rapport ligne par ligne, voyez certificat d'analyse.

Ce que la fabrication change pour l'acheteur

Deux flacons annoncés à 10 % peuvent contenir des extraits très différents. Le pourcentage décrit une quantité, pas un procédé.

Trois repères concrets restent lisibles de l'extérieur : la méthode d'extraction indiquée par la marque, la ligne des solvants résiduels sur le rapport de laboratoire, et le rapport entre CBD et CBDA mesuré dans le lot. Ces trois points en disent plus qu'un argument commercial.

Les deux pages détaillées de cette section : extraction au CO2 et décarboxylation.

Ces informations sont générales et ne remplacent pas un avis médical. En cas de traitement en cours, de grossesse ou de doute, parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien.

Sources

  1. 1.Hemp-derived cannabinoids: a review of analytical methodsJournal of Chromatography A ()
  2. 2.Decarboxylation Study of Acidic CannabinoidsCannabis and Cannabinoid Research ()
  3. 3.Arrêté du 30 décembre 2021 pris pour l'application de l'article R. 5132-86 du code de la santé publiqueLégifrance / JORF ()