Taux de THC autorisé en France : la limite de 0,3 %

Un produit au CBD vendu en France ne peut pas dépasser 0,3 % de delta-9-THC. Ce seuil vient de l'arrêté du 30 décembre 2021 et s'applique à l'extrait comme au produit fini.

Révisé par Bernard Vos le

Dernière mise à jour le

Le chiffre de 0,3 % revient sur presque chaque étiquette de produit au CBD vendu en France. Ce seuil sépare le chanvre légal du cannabis stupéfiant, et un produit conforme d'un produit interdit.

Quelle est la limite légale de THC en France ?

Les extraits de chanvre et les produits qui en contiennent ne peuvent pas dépasser 0,3 % de delta-9-THC. Cette règle figure à l'article 1er, III de l'arrêté du 30 décembre 2021, pris en application de l'article R.5132-86 du Code de la santé publique. Elle s'applique à l'extrait lui-même et au produit fini qui en contient.

Le THC, ou tétrahydrocannabinol, est le cannabinoïde aux effets psychotropes du cannabis. Le seuil de 0,3 % le maintient à un niveau de trace, sans effet enivrant. La molécule elle-même est décrite sur la page THC : différence avec le CBD.

Au-delà de 0,3 %, le produit ne relève plus du cadre du chanvre commercial. Il tombe sous la réglementation des stupéfiants, avec les sanctions pénales correspondantes.

D'où vient le seuil de 0,3 % ?

Le seuil français reprend la norme agricole européenne : depuis le règlement (UE) 2021/2115, une variété de chanvre est éligible aux aides agricoles jusqu'à 0,3 % de THC dans la plante. La France a aligné son arrêté de décembre 2021 sur ce chiffre. Seules les variétés inscrites au catalogue commun européen, cultivées sous ce plafond, peuvent servir de source aux extraits.

Une précision utile, car l'erreur circule encore : la limite n'est plus 0,2 %. Ce chiffre correspond à l'ancien cadre européen et reste cité par des sites non mis à jour. Le seuil applicable en France en 2026 est bien 0,3 %, pour la plante, pour l'extrait et pour le produit fini.

La plante elle-même, ses variétés et le catalogue européen sont traités sur la page chanvre (Cannabis sativa L.).

À quoi le seuil s'applique-t-il exactement ?

Le seuil de 0,3 % s'applique à trois niveaux : la variété de chanvre cultivée, l'extrait qui en est tiré et le produit fini mis en vente. Cette triple exigence distingue le droit français d'autres approches européennes, qui ne visent parfois que la plante.

Prenons un exemple concret. Une huile de massage au CBD contient un extrait de chanvre. Pour être conforme, la variété d'origine doit être autorisée, l'extrait doit rester sous 0,3 % de THC et l'huile finale aussi. Un dépassement à n'importe quel niveau rend le produit illégal.

Ce point a une conséquence pratique pour les produits à spectre complet, qui conservent des traces de THC. Leur conformité dépend du taux mesuré dans le produit final, lot par lot. Les différences entre spectre complet, large spectre et isolat sont expliquées sur la page spectres du CBD.

Ce qu'a changé le Conseil d'État en décembre 2022

Le Conseil d'État a annulé le 29 décembre 2022 (n° 444887) l'interdiction de vendre les fleurs et feuilles brutes de chanvre aux consommateurs, mais il a laissé la limite de 0,3 % intacte. L'arrêté du 30 décembre 2021 interdisait initialement la vente des fleurs brutes, même sous le seuil de THC. Le juge a estimé que ces fleurs, sans propriétés stupéfiantes, ne pouvaient pas être interdites de façon générale.

Le résultat est le cadre actuel : les fleurs et feuilles se vendent légalement tant que le taux de THC reste sous 0,3 %. Pour les extraits et les produits finis, rien n'a changé avec cette décision. Le seuil de 0,3 % reste la norme en vigueur en 2026.

Que vaut ce seuil depuis le 15 mai 2026 ?

Le seuil de 0,3 % reste pleinement en vigueur, mais son champ d'application réel s'est réduit : depuis le 15 mai 2026, les produits au CBD à ingérer ne peuvent plus être vendus en France, quel que soit leur taux de THC. La DGAL applique depuis cette date un plan de contrôle fondé sur le statut Novel Food du CBD alimentaire. Une huile sublinguale sous 0,3 % de THC est donc conforme sur le plan du THC, mais retirée du marché pour une autre raison. Le contexte complet figure sur la page Novel Food et CBD.

Pour les catégories qui restent en vente, le seuil garde toute son importance. Les cosmétiques au CBD doivent respecter 0,3 % de THC, tout comme les fleurs, les résines et les e-liquides. Un recours du secteur est en cours devant le Conseil d'État sur le volet alimentaire ; l'issue peut modifier ce partage, pas le seuil de THC lui-même.

Comment vérifier le taux de THC d'un produit

Le certificat d'analyse est le seul document qui prouve le taux de THC réel d'un produit. Ce rapport de laboratoire présente le profil complet des cannabinoïdes du lot : CBD, THC, et souvent CBG, CBN et CBDA. Le taux de THC y figure en pourcentage du poids ou en mg par gramme.

Sur un produit conforme à spectre complet, la valeur mesurée se situe nettement sous 0,3 %. Sur un produit à large spectre ou un isolat, le THC doit apparaître comme « non détecté » ou sous le seuil de détection. Un laboratoire accrédité selon la norme ISO 17025 renforce la fiabilité du résultat.

La lecture détaillée de ce document, colonne par colonne, est expliquée sur la page certificat d'analyse CBD. Un vendeur sérieux le fournit par lot, pas un document générique sans date.

THC, conduite et dépistage salivaire

Même sous la limite légale de 0,3 %, les traces de THC d'un produit à spectre complet peuvent poser problème au volant : la France applique une tolérance zéro au THC pour les conducteurs. Le dépistage salivaire détecte la molécule, pas son origine. Un test positif a les mêmes conséquences juridiques, que le THC provienne de cannabis ou d'un produit au CBD légal.

Ce sujet dépasse le droit des produits et touche le Code de la route. Les situations concrètes, la durée de détection et les précautions possibles sont traitées sur la page CBD et conduite.

La France comparée à ses voisins

Le seuil français de 0,3 % sur le produit fini est dans la moyenne européenne haute, mais chaque pays applique ses propres règles. Certains États membres contrôlent surtout la variété cultivée, d'autres imposent des tolérances plus strictes sur le produit final. Aux Pays-Bas, par exemple, la pratique de contrôle des produits finis retient un niveau beaucoup plus bas que 0,3 %.

Pour un consommateur, la conclusion est simple : un produit conforme en France ne l'est pas automatiquement ailleurs. Avant un déplacement, les règles du pays de destination priment. Le cadre français complet, catégorie par catégorie, est décrit sur la page législation du CBD en France, au sein de la base de connaissances sur le CBD.

Ces informations sont fournies à titre informatif et ne remplacent pas un avis médical ou juridique. En cas de question de santé, consultez votre médecin ou votre pharmacien.

Sources

  1. 1.LégislationArrêté du 30 décembre 2021 (art. R.5132-86 du Code de la santé publique)Légifrance / JORF (). Consulté le 31 juillet 2026.
  2. 2.LégislationConseil d'État, 29 décembre 2022, n° 444887 : annulation de l'interdiction des fleurs et feuillesConseil d'État (). Consulté le 31 juillet 2026.
  3. 3.Organisme officielCatalogue commun des variétés des espèces de plantes agricolesCommission européenne (). Consulté le 31 juillet 2026.
  4. 4.Organisme officielLe CBD : la position officielle des pouvoirs publicsMILDECA (drogues.gouv.fr) (). Consulté le 31 juillet 2026.